Les expressions à bannir au bureau : «C'est une tuerie !»

Chaque semaine, j'aborde dans cette chronique un grand nombre d'expressions ridicules. D'autres désopilantes. Certaines formules épidermiques qui hérissent le poil. D'autres encore si grammaticalement incorrectes qu'elles donnent envie de se jeter par la fenêtre. Mais jamais, encore, je n'avais parlé d'une expression «grave» qui ne fait pas rire. Et qui ne vous fait pas rire, devrais-je dire, après avoir reçu pas moins de vingt courriels mentionnant ladite expression...

Le sens figuré créé parfois de jolies choses. L'extrême inverse existe également. La preuve : le fameux «c'est une tuerie !» que vous ne pouvez plus supporter.

À l'origine rattaché au domaine culinaire - «ces kouign amann de chez Larnicol décidément, quelle tuerie !» - ou chez les joueurs de jeux vidéos - «quelle tuerie le dernier Call of Duty !» - les tueries se sont également propagées dans le jargon professionnel. À vitesse grand V !


Pourquoi cette expression vous agace-t-elle tant ? Parce que notre époque vit des moments difficiles dans laquelle les attentats et autres actes terribles et sanglants font désormais partie du quotidien... Les tueries existent, au premier degré, dans la «vraie» vie. Chacun se rappelle désormais de la date d'aujourd'hui, le 11 septembre, comme celle du sinistre événement qui a eu lieu aux États-Unis en 2001. Le sens figuré de l'expression est donc de plus en plus lourd à porter, à assumer. De la même manière, avoir recours aux termes issus du lexique de la guerre pour désigner des situations de la vie quotidienne est de plus en plus mal vu.

On «shoote un mail» - expression sur laquelle je m'étais attardé en novembre dernier - comme on fait feu avec une mitraillette ou n'importe quel ustensile d'artillerie lourde. «Shooter un mail», c'est dégainer, et bombarder au plus grand nombre de destinataires !


En milieu professionnel, «une tuerie» est une nouveauté, une petite révolution sur laquelle il est de bon ton de s'enthousiasmer. Exemple en interne : «Tu as vu le nouvel espace détente cosy pour chiller ou brainstormer au 5e ? C'est une tuerie !» Ou encore, après l'annonce d'une promotion d'un collègue : «le pot d


e Benjamin jeudi soir, c'était une tuerie !» Notre belle langue ne manque pourtant pas de superlatifs pour s'enthousiasmer avec élégance: formidable, fabuleux, fantastique, merveilleux, excellent... Oubliez les «tueries» au sens figuré. C'est laid et inapproprié. J'espère que la lecture de cette chronique aura eu l'effet d'une séance d'hypnose pour ceux d'entre vous qui sont concernés !

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